Jean-Michel Besnier

Enseignant-Chercheur

tél. 01 45 52 64 31


jean-michel.besnier
< at> polytechnique.edu

Besnier
< at> paris-sorbonne.fr

 

Professeur
Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

Directeur scientifique du secteur Sciences et Société, Service Stratégie de la Recherche et de l’Innovation, Direction Générale pour la Recherche et l'Innovation

63, quai de Seine, 75019 Paris

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Itinéraire :

Né à Caen en 1950, Jean- Michel Besnier est agrégé de philosophie (1974) et docteur d'Etat en sciences politiques (1987). Il est actuellement Professeur de Philosophie 1ère classe à l'Université de Paris-Sorbonne (chaire de Philosophie des Technologies d'Information et de Communication) et il dirige le Master Professionnel " Conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées " dans cette même université.

Depuis 1989, il appartient au Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CREA), laboratoire du CNRS et de l'École Polytechnique axé sur les sciences cognitives.

Il est actuellement membre du Conseil scientifique de la Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette, de l'IHEST (Institut des Hautes Études en Sciences et Techniques), du Directoire du MURS (Mouvement Universel pour la Responsabilité scientifique), du Conseil d'Administration de la Fondation d'Entreprises pour la Recherche et la Technologie C.Génial , du COMEPRA (Comité d'éthique et de précaution de l'INRA) et du COMETS (Comité d'Éthique du CNRS).

Il fait partie depuis son lancement du Groupe d'appui au Débat public sur les nanotechnologies, dans le cadre de la Mission d'anticipation Recherche/Société & Développement durable (présidé par Jean Bergougnoux). Il est en outre membre du Groupe de Travail de la Stratégie Nationale Recherche Innovation du Ministère de l'Enseignement Supérieur (DGRI).

Au cours des années récentes, il a présidé le Comité d'évaluation du Programme thématique SHS de l'Agence Nationale pour la Recherche (2007) et il a présidé également 4 comités de visite de l'AERES (2007 : Institut Poincaré de Nancy 2 ; 2008 : Équipes de recherche en Philosophie de Paris I).

Jean- Michel Besnier a été membre de la Commission " Sciences et Sociétés " de l'UNESCO, de la Commission " Littérature scientifique et technique " du Centre National du Livre, du CNU (Commission Nationale Universitaire).

Il a, de 1990 à 1997, créé et dirigé un cursus intitulé " Humanisme et Modernité " à l'École Centrale de Paris et, de 1997 à 2000, dirigé le département TSH de sciences humaines à l'Université de Technologie de Compiègne. Il a, de 2005 à 2008, exercé la fonction de Professeur Délégué à la Professionnalisation et à l'Insertion Professionnelle à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV).

Il est Chevalier dans l'Ordre des Palmes Académiques (2006).

Il a créé et dirigé la collection " Sciences Cognitives " aux éditions La Découverte en 1990, puis la collection " Optiques Philosophie " aux éditions Hatier en 1995. Il dirige actuellement la collection Mélèté aux éditions Le Pommier. Par ailleurs, il a appartenu au comité de rédaction de la revue Esprit de 1989 à 1996 et il a collaboré à L'Express pendant plusieurs années. Il a aussi exercé jusqu'en 2008, la fonction de chroniqueur et celle de conseiller scientifique au magazine Sciences et Avenir Hors-Série. De 1996 à 2000, il a de manière permanente collaboré aux émissions Le Banquet puis Philambule, diffusées sur France-Culture.

Il a publié plus de 140 articles dans diverses revues, ainsi que de nombreux ouvrages. Parmi ces ouvrages :

- Chronique des idées d'aujourd'hui. Éloge de la volonté, (avec Jean-Paul Thomas), Paris, PUF "Recherches politiques", 1987.
- La politique de l'impossible. L'intellectuel entre révolte et engagement, Paris, La Découverte, l'Armillaire, 1988.
- Histoire de la philosophie moderne et contemporaine. Figures et Œuvres, Paris, Grasset, "Le Collège de philosophie", 1993 et Le livre de Poche, 2 vol., n° 4272 et 4273, 1993.
- L'humanisme déchiré, Paris, Descartes & Cie, 1993.
- Tocqueville et la Démocratie. Égalité et liberté, Paris, Hatier, 1995.
- Les théories de la connaissance, Paris, Flammarion, "Dominos", 1996, repris dans une version augmentée aux Presses Universitaires de France, collection "Que Sais-Je ?", n° 3752, 2005.
- Éloge de l'irrespect et autres récits sur Georges Bataille, Paris, Descartes & Cie, 1998.
- Réflexions sur la sagesse, éditions Le Pommier-Fayard, 1999.
- Peut-on encore croire dans le progrès ? (avec Dominique Bourg), PUF 2000.
- Érasme, Machiavel, More, trois philosophes pour les managers d'aujourd'hui, (avec Luc de Brabandère et Charles Henry), Paris, Village Mondial, 2000.
- L'irrationnel nous menace-t-il ? Nantes, éditions Pleins Feux, 2006.
- La croisée des sciences, Questions d'un philosophe, Paris, Le Seuil, collection "Science Ouverte", 2006.
- Demain, les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Paris, Hachette, collection "Haute Tension", 2009.

 

Activités de recherches :

Depuis une dizaine d'années, Jean- Michel Besnier conduit des recherches sur les impacts philosophiques et sociologiques des sciences et technologies cognitives. Du point de vue de l'historien de la philosophie qui est d'abord le sien, il a le souci d'inscrire la simulation des comportements intelligents dans la dynamique des Temps modernes et de la présenter comme l'un des arguments en faveur d'une conception prométhéenne de l'homme. Reste qu'il n'ignore pas que les experts en Intelligence artificielle affichent des ambitions apparemment plus modestes : réaliser des machines à jouer aux échecs, à formuler des diagnostics médicaux ou bien à traduire des langues étrangères. Tout au plus prétendent-ils le plus souvent produire des modèles informatiques à leurs contemporains. En réalité, ces ambitions dissimulent des projets d'une tout autre ampleur que J-M. Besnier voudrait cerner et évaluer : depuis l'exigence d'élucider la nature et le fonctionnement de l'acte de connaître jusqu'à celle de rendre compte du "couplage" - pour ne pas dire de "l'alliance" - de l'homme avec le monde. L'Intelligence artificielle a certes ses méthodes qui s'inspirent des mathématiques, de la linguistique ou de la biologie. Il n'empêche qu'elle s'expose à reconduire des préoccupations métaphysiques, dont les sciences croyaient pouvoir s'exempter. En témoignent particulièrement les théoriciens de l'"IA émergentiste", ceux qui en appellent aux promesses de la VA (Vie artificielle) ou qui participent au développement d'une "épistémologie naturalisée". Les recherches engagées par J-M. B. visent à situer les uns par rapport aux autres les enjeux scientifiques et métaphysiques qui font de l'Intelligence artificielle une discipline en prise sur notre temps.

Dans le contrepoint de cette première perspective, Jean- Michel Besnier poursuit son questionnement du recours aux théories philosophiques de la conscience chez les théoriciens engagés sur un programme dit de "naturalisation de l'esprit". L'enjeu n'est pas seulement à ses yeux de clarification conceptuelle. Il concerne aussi le statut du réductionnisme à l'oeuvre dans les sciences de la cognition, dans leurs rapports aux traditions philosophiques qui, depuis Hume et Kant, ont elles-mêmes contribué à "dé-substantialiser" la conscience (en la réduisant à une simple fiction théorique ou bien à un pur opérateur de connectivité). La question reste cependant posée de l'articulation, dans les sciences cognitives comme dans l'histoire de la philosophie, d'une approche réductionniste (d'inspiration fonctionnaliste ou physicaliste) de la conscience avec une approche éthique. Cette dernière question justifie par ailleurs les travaux de Besnier répertoriés en philosophie politique.

Enfin, dans le prolongement du détachement au CNRS qui lui a été accordé de 1994 à 1996, Jean- Michel Besnier s'interroge sur les enjeux philosophiques des biotechnologies végétales et médicales. La question lui paraît se poser de déterminer les limites susceptibles de régler les comportements et les demandes individuels dans l'espace d'un universel qui n'exerce plus de pouvoir normatif et qui n'est plus guère désiré en tant que tel ? Puisque ni la tradition, ni la nature, ni la transcendance d'un Dieu ne paraissent plus devoir contraindre les modernes que nous sommes, quel sens et quelle crédibilité donner à l'éthique que les progrès scientifiques et techniques appellent et qui signale malgré tout, par l'exigence diffuse qu'elle exprime, un attachement à la communication intersubjective ? L'idée de subordonner l'apprentissage de la vertu et par suite de la démocratie à l'art du discours mérite aujourd'hui d'être réexaminée et sans doute réévaluée. D'autant que cette idée paraît susceptible d'articuler de manière efficace les préoccupations pour la science, la morale et la politique qui doivent animer le citoyen. C'est en partant des rationalisations et argumentations rhétoriques à l'œuvre dans les morales existantes - celles des individus et des peuples - que J-M. Besnier croit possible de construire une éthique universelle. L'urgence est donc pour lui du côté de la prise en compte de ces rationalisations et argumentations et c'est cela même qui doit faire aujourd'hui l'objet du combat démocratique.

 

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